10-08-2010  (6261 lectures) Categoria: Romanx

Les domaines d’oc, si et oïl, selon Dante

Les domaines d’oc, si et oïl, selon Dante

par

Jean Lafitte et Guilhem PĂ©pin

(Collaboration spéciale, août 2008)

S’il est une erreur trĂšs communĂ©ment rĂ©pandue, c’est celle qui fait de Dante l’inventeur de l’opposition entre langues d'oĂŻl, d'oc et de si. On la trouve, au conditionnel il est vrai, chez Pierre Bec (La langue occitane, 1963, p. 66); naguĂšre, l’abbĂ© Georges Passerat, professeur de langue et littĂ©rature occitanes Ă  l’Institut catholique de Toulouse et Majoral du FĂ©librige, l’a reprise dans un article, «TrĂ©sors de langue d’oc: des troubadours aux fĂ©libres» dans BibliothĂšques, n° 14, 2004, pp. 30-32 : «Le poĂšte Dante distingue alors [fin du XIIIe siĂšcle ] les trois langues qui dominent l’Europe : la langue d’oĂŻl (le français), la langue d’oc (l’occitan) et la lingua del si (l’italien)». Et plus encore, Internet conditionne l’opinion mondiale avec Wikipedia, l’«EncyclopĂ©die libre »: «L’expression “langue d'oc” fut crĂ©Ă©e par Dante vers 1290», en dĂ©saccord avec le Wiktionary, le «dictionnaire libre» : «Ce terme [langue d’oc] a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par Dante dans son ouvrage De vulgari eloquentia (1303-1304), dans lequel il distingue trois langues romanes selon leur maniĂšre de dire oui: la langue d'oc (lingua d’oco dans son ouvrage; voir oc) [etc.].»

Pourtant, Paul Meyer avait dĂ©noncĂ© cette erreur dĂšs 1889 («La langue romane du midi de la France et ses diffĂ©rents noms» dans Annales du Midi, n° 1, 1889, pp. 1-15.). De fait, l'emploi de cette opposition par le poĂšte sans prĂ©cautions particuliĂšres montre qu'elle devait ĂȘtre banale dans son environnement. Il le fait dans trois de ses Ɠuvres :

- vers 1293, dans un passage de Vita nuova, il oppose en italien la littérature en «lingua d'oco» à celle en italien, langue «di sÏ»;
- vers 1305, c'est en latin, dans son De vulgari eloquentia, qu'il donne l'exposé le plus complet de ses vues, objet de cette étude;
- entre 1306 et 1308, il Ă©crit Il Convivio («Le Banquet»); il y reproche Ă  ses compatriotes de mĂ©priser leur propre langue pour lui prĂ©fĂ©rer les parlers «vulgaires» «di lingua d'ocho» ou encore «lo parlare [
] precioso [
] di Prouenza» (I-XI).

Dans tous les cas, son approche est essentiellement littéraire : il est à la recherche de la langue la plus apte à l'écriture poétique, avec l'idée sous-jacente que le «vulgaire» d'Italie vaut bien les autres pour cela. L'essai de cartographie des espaces linguistiques qu'il décrit va nous confirmer ce point de vue.

Pour cela, il nous parait essentiel d'avoir sous les yeux le texte latin du De vulgari eloquentia et une traduction, ici celle de Frédéric Magne, (1985, Paris : La Délirante, p. 16). Nous localisons les citations : partie et paragraphe en chiffres romains, page de la traduction en chiffres arabes.

Et d'abord, voyons oĂč Dante situe ce qu'on appelle aujourd'hui les langues germaniques :

Nam totum quod ab hostiis Danubii sive Meotidis paludibus usque ad fines occidentales Anglie Ytalorum Franco­rumque finibus et Oceano limitatur, solum unum obtinuit ydioma, licet postea [
] fuerit per diversa vulgaria dirivatum, hoc solo fere omnibus in signum eiusdem principio remanente, quod quasi predicti omnes jo affermando respondent.

[
]

Sed loquentes oil [
] ab oriente Alamannos habent


En effet tout ce qui est limitĂ© par les bouches du Danube ou les paludes de la MĂ©otide [mer d’Azov] jusqu’aux limites occidentales de l’Angleterre, et par les frontiĂšres des Italiens et des Français et par l’ocĂ©an, Ă©tait dominĂ© par un seul idiome; mĂȘme si par la suite il s’est divisĂ© en divers vulgaires [
]; le seul signe qui reste peut-ĂȘtre de leur origine commune est que presque tous ces peuples disent «yo» pour affirmer.

[
]

Et ceux qui disent «oĂŻl» [
] ont en effet les Allemands Ă  l’Orient


Le domaine des langues qui disent jo se situe donc au nord des frontiÚres des Italiens et au nord et à l'est de celles des Francs / Français. Ceci précisé, passons à l'essentiel du texte de Dante :

Totum vero quod in Europa restat ab istis, tertium tenuit ydioma, licet nunc tripharium videatur: nam alii oc, alii oil, alii sĂŹ affirmando locuntur, ut puta Yspani, Franci et Latini.

Istorum vero proferentes oc meridionalis Europe tenent partem occidentalem, a Ianuensium finibus incipientes.

Qui autem sĂŹ dicunt a predictis finibus orientalem tenent, videlicet usque ad promuntorium illud Ytalie qua sinus Adriatici maris incipit, et Siciliam.

Sed loquentes oil quodam modo septentrionales sunt respectu istorum : nam ab oriente Alamannos habent et ab occidente et settentrione anglico mari vallati sunt et montibus Aragonie terminati; a meridie quoque Provincialibus et Apenini devexione clauduntur.
Tout ce qui reste en Europe en dehors de ces territoires est occupĂ© par un troisiĂšme idiome, mĂȘme si celui-ci est aujourd'hui Ă  l'Ă©vidence triparlier; en effet les uns disent «oc», les autres «oĂŻl», et les autres encore «si» pour affirmer, comme par exemple les Espagnols, Français et Italiens. [
]

Entre ces peuples, ceux qui disent «oc» tiennent la partie occidentale de l'Europe [méridionale], à partir des frontiÚres des Génois.

Ceux qui disent «si»" tiennent la partie orientale de ces frontiĂšres, soit jusqu'Ă  ce promontoire d'Italie, d'oĂč commence le golfe de la mer Adriatique jusqu'Ă  la Sicile.

Et ceux qui disent «oïl» sont en quelque sorte septentrionaux par rapport à ceux-ci; ils ont en effet les Allemands à l'orient, ils sont protégés au septentrion et à l'occident par la mer anglaise ou gauloise et ils sont bornés par les montagnes d'Aragon; au sud ils sont enfermés par les Provençaux et la courbe des Apennins.

Écartons le si qui est sans problĂšme : la rĂ©publique de GĂȘnes confinant avec ce qui fut le comtĂ© de Nice, le si va de l’actuelle frontiĂšre française Ă  la Sicile, donc toute la pĂ©ninsule italique. Notons au passage que Dante appelle ses locuteurs Latini et non Ytali, employĂ© ailleurs, sans doute pour y compter Ă©galement les Siciliani et autres territoires extĂ©rieurs, car les parlers de Sicile et de Sardaigne, par exemple, se rattachent Ă  ceux de la moitiĂ© droite de l’Italie (I-X, 20). Notons Ă©galement que la rĂ©gion d’Alguer en Sardaigne est encore du si, car cette ville fut prise par le roi d'Aragon Pierre IV en 1353, dĂ©but de son repeuplement par des Catalans, donc bien aprĂšs le De vulgari eloquentia.

L'oc, c’est tout le sud-ouest de l’Europe. Pour l’Ouest, pas de problĂšme, c’est Ă  partir des frontiĂšres des GĂ©nois, donc de la frontiĂšre entre Menton et Vintimille; mais oĂč commence le Sud? À partir de la frontiĂšre sud de l’oĂŻl, puisque «ceux qui disent “oĂŻl” sont en quelque sorte septentrionaux par rapport Ă  ceux-ci», c’est-Ă -dire les gens de oc et de si.

Or, Ă  l’évidence, la frontiĂšre sud de l’oĂŻl, ce sont expressĂ©ment «les Provençaux et la courbe des Apennins», mais aussi «les montagnes d’Aragon», comme on va le voir bientĂŽt.

Comme les Apennins du Nord se relient aux Alpes occidentales, on peut penser que Dante a voulu dĂ©signer ces derniĂšres, et non les Apennins proprement dits, tout entiers dans la pĂ©ninsule, domaine du si. À moins que Dante ou l’un des copistes successifs n’ait Ă©crit Apenini pour Penini (montis), les Alpes Pennines, portion du massif entre les cols aujourd’hui nommĂ©s du Saint-Bernard et du Saint-Gothard; or, c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que la chaine s’inflĂ©chit de la direction sud-nord Ă  la direction ouest-est.

Mais qui sont ces Provençaux ? Pour les Italiens mĂ©diĂ©vaux, Ă©taient provençaux (au sens large) les habitants de l’ancienne Narbonnaise ou Provincia Romana qui parlaient oc, et parfois les Catalans. Ainsi, par un acte du 1er novembre 1169, les consuls de Pise, en Toscane, accordent Ă  des marchands de Montpellier une indemnitĂ© de 1440 livres en rĂ©paration de dommages qu’ils ont subis dans leurs biens du fait de gens de Pise; pour cela, ils percevront Ă  due concurrence des droits sur les transports pisans «in omnes et per omnes Provincialium partes a Massilia usque ad Barchinonam», dans toutes les rĂ©gions des Provinciales de Marseille Ă  Barcelone [i]. La Provincia en question s’étend donc jusqu’à la Catalogne. Mais nous n’avons pas connaissance de textes italiens d’alors qui l’aient Ă©tendue aux Auvergnats, aux Limousins ou aux Gascons.

Or, tout justement, c’est surtout Ă  l’ouest de cette Provincia que se situent les montagnes d’Aragon, comme pour complĂ©ter la frontiĂšre sud de l’oĂŻl. Certes, au temps de Dante, l’Aragon n’allait pas jusqu’à l’ocĂ©an, mais cela avait Ă©tĂ© vrai de 1076 Ă  1134, quand la Navarre fut incluse dans l’Aragon, et cette courte pĂ©riode a suffi pour banaliser l’extension Ă  toutes les PyrĂ©nĂ©es occidentales de la dĂ©nomination de «monts (ou montagnes) d’Aragon». Le dĂ©veloppement Ă  cette Ă©poque du pĂšlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, qui intĂ©ressait toute l’Europe, a dĂ» contribuer Ă  rĂ©pandre cette dĂ©nomination. Ainsi, d’aprĂšs le livre V du Codex Calixtinus (rĂ©digĂ© dans la premiĂšre moitiĂ© du XIIe siĂšcle Ă  Compostelle et appelĂ© Ă  tort Le guide du pĂšlerin de St Jacques), les PyrĂ©nĂ©es sĂ©paraient «la Gaule, la Castille et l’Aragon». De mĂȘme, au XIVe siĂšcle, un texte gascon bordelais place la frontiĂšre sud de la Gascogne sur les «monts d’Aragon», soit tout simplement sur les PyrĂ©nĂ©es.

Et si Dante fait arriver l'oĂŻl jusqu’aux PyrĂ©nĂ©es, c’est peut-ĂȘtre Ă  cause du trouvĂšre Thibaud de Champagne, qui fut roi de Navarre de 1234 Ă  1253, puisque la Navarre s’étendait sur les deux versants de la chaĂźne. Mais ce roi Ă©tait avant tout comte de Champagne et, dans ses trois citations (I-IX, 17; II-V, 43; VI, 47), Dante n’a fait que lui donner son titre le plus important suivant un usage perpĂ©tuĂ© jusqu’à nos jours.

DĂšs lors, on voit se prĂ©ciser les contours du domaine d'oĂŻl de Dante : le Nord-Ouest et l’Ouest sont bordĂ©s par la mer, le Sud-Ouest par les PyrĂ©nĂ©es, et le Sud-Est par les Alpes (prolongeant les Apennins) et la Provincia romaine. Restent indĂ©terminĂ©es les frontiĂšres nord et est, puisque le voisinage des Allemands n’est prĂ©cisĂ© par aucun repĂšre gĂ©ographique; nous supposerons qu’elles Ă©taient ce qu’elles sont aujourd'hui, puisque Dante dĂ©signait des peuples en non des États, comme nous le verrons bientĂŽt.

Il n’en reste pas moins Ă©tonnant que Dante situe l'oc chez les Yspani. Pour le linguiste catalan GermĂĄn ColĂłn: «Lorsque Dante affirme que les Yspani disent oc, il fait allusion aux Catalans.» Ces Catalans, rappelle-t-il, ont usĂ© de oc jusqu’au XVe siĂšcle inclusivement («La dĂ©nomination lengua d’oc en deçà des PyrĂ©nĂ©es» dans MĂ©langes [
] offerts au Pr. Jean Rychner de NeuchĂątel, Strasbourg, 1978, p. 87).

Pourtant, la localisation de l'oc dans tout le sud-ouest de l’Europe, Ă  l’ouest des frontiĂšres des GĂȘnois, ne peut se limiter aux Catalans; de plus, au sujet du vers hendĂ©casyllabe (II-XII, 56) Dante Ă©crit : «Hoc etiam Yspani usi sunt - et dico Yspanos qui poetati sunt in vulgari oc.»

Ce latin autorise au moins deux interprétations :

– celle de F. Magne : « Les Espagnols aussi ont usĂ© de ce vers; je parle des Espagnols qui ont poĂ©tisĂ© en vulgaire d'oc»;
– mais aussi, suivant la 5e des 10 acceptions de dico dans le Gaffiot : « [
] j’appelle Espagnols ceux qui ont poĂ©tisĂ© en oc».

Or, la premiĂšre interprĂ©tation suppose que Dante aurait eu connaissance d’autres Espagnols qui auraient poĂ©tisĂ© dans une autre langue, mais il n’en fait nulle part mention. Au contraire, la seconde lecture est cohĂ©rente avec l’attribution explicite de l'oc aux Espagnols, et avec la suite immĂ©diate : Dante cite comme « Espagnol » usant de ce vers le troubadour N’Aymeric de Belenoy nĂ© Ă  Lesparre en MĂ©doc (mĂȘme s’il est mort en Catalogne aprĂšs 1243).

Il en rĂ©sulte que la façon dont Dante localise d’abord le jo, puis l'oc, l'oĂŻl et mĂȘme le si, est Ă©minemment subjective et Ă©troitement liĂ©e Ă  leur usage littĂ©raire : encore peu connu Ă  ce titre, le si de l’Espagne et du Portugal a Ă©tĂ© ignorĂ©, derriĂšre l’écran du oc des Catalans, premiers rencontrĂ©s sur la route menant d’Italie en Espagne.

Nous voilĂ  donc en mesure de tenter une cartographie de ces domaines linguistiques. Bien Ă©videmment, nous devons nous efforcer de nous placer au temps de Dante, et donc de reprĂ©senter les frontiĂšres Ă©tatiques des environs de 1305. Ainsi, la France incluait l’actuelle Flandre belge et Ă©tait approximativement limitĂ©e Ă  l’est par l’Escaut, la Meuse, la SaĂŽne et le RhĂŽne; au sud, la Navarre et l’Aragon (Catalogne) dĂ©bordaient au nord des PyrĂ©nĂ©es.

Nous devons aussi tenir compte du fait que Dante nomme des peuples et non des États. Ainsi, il sĂ©pare bien les Latini de si des Alemanni de jo, alors que les Italiens du Nord appartiennent Ă  l’empire romain germanique aussi bien que les Allemands. On peut alors supposer que cette façon de voir ne faisait pas obstacle, dans l’esprit de Dante, Ă  la prĂ©sence de locuteurs d’oĂŻl en dehors du royaume de France, par exemple en Lorraine, Bourgogne, Franche-ComtĂ©, pays de parlers franco(-)provençaux et dans ce qui est aujourd’hui la Suisse romande et la Wallonie; et rĂ©ciproquement, des locuteurs de jo en Flandre, au nord du royaume de France.

Par contre, en donnant au si tout l’est de la frontiĂšre de GĂšnes, Dante ne semblait pas avoir en vue les hautes vallĂ©es alpines de parler provençal, oĂč l'on dit oc.

Voici donc la carte (Ă  gauche) qui nous parait la plus fidĂšle Ă  la lettre des descriptions de Dante, complĂ©tĂ©e par ce que sous savons aujourd’hui et qui n’est pas contraire Ă  l’écrit du poĂšte. Pour ĂȘtre complets, rappelons que Dante a citĂ© des poĂštes d'oc issus de rĂ©gions qu’il attribue Ă  l'oĂŻl. Nous en avons dĂ©nombrĂ© sept d'oc, ainsi rĂ©partis [ii]:

Auvergnat : Pierre d’Auvergne (I-X, 19);
Limousins : Bertrand de Born (II-II, 38), Arnaud Daniel (II-II, 38; VI, 46; X, 53; XIII, 58) et Giraut de Borneilh (II-II, 38; V, 43; VI, 46);
Provençal : Fouquet de Marseille (II-VI, 46);
Gascons : N’Aymeric de Belenoy (II-VI, 46; XII, 56) et N’Aimeric de PĂ©guilhan (II-VI, 47).

Mais ces citations ne sont lĂ  que comme exemples de composition poĂ©tique pris ici dans l'oc littĂ©raire, comme d’autres dans l'oĂŻl et le si, toute rĂ©fĂ©rence gĂ©ographique Ă©tant oubliĂ©e. Il nous a donc paru raisonnable de nous en tenir aux propos explicites de Dante sur la localisation des langues, dĂ©jĂ  suffisamment complexe, sans qu’il y ait Ă  prendre en compte l’origine des poĂštes citĂ©s.

_____________

[i] Germain (A.), Histoire du commerce de Montpellier. Montpellier, 1861, 1, p. 180, «PiĂšces justificatives», II, citĂ© par GermĂĄn ColĂłn, «Limousin et langue d’oc dans la Catalogne mĂ©diĂ©vale», Via Domitia, tome XIV, Toulouse, 1978 - n° spĂ©cial Hommage Ă  Jean SĂ©guy, tome I, p. 204

[ii] Province d’origine d’aprùs Geneviùve Brunel-Lobrichon et Claudie Duhamel-Amado, Au temps des troubadours XXe-XIIIe siùcles, 1997.

DERNIÈRE MISE À JOUR: 04 NOV. 2008

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