30-11--0001  (3983 lectures) Categoria: Cortez

Yves-Cortez - 60 pages

http://yvescortez.canalblog.com/archives/2009/05/12/13720451.html#c75689044

ContrĂ riament al que se'ns ha ensenyat, dins l'imperi romĂ  la gent no parlava llatĂ­, sinĂł una llengua germana d'aquest o "proto-romanç" (pel Cortez =>italiĂ  antic). El llatĂ­, i aquest "proto-romanç" serien dues germanes del mateix tronc de les llengĂŒes indoeuropees.


La gramĂ tica Ă©s diferent.. No Ă©s casual que el llatĂ­ tingui declinacions i que cap de les seves llengĂŒes filles en tingui; que mentre que en el llatĂ­ hi ha tres gĂšneres: masculĂ­, femenĂ­, neutre, en totes les seves "filles" nomĂ©s hi hagi dos gĂšneres, etc..

Hi havia un entorn bilingĂŒe on la gent parlava una llengua, mentre els escrits es feien en llatĂ­. Com passa a Xina o al mĂłn Ă rab. Les llengĂŒes romĂ niques actuals provindrien en les seves estructures i vocabulari bĂ sic del llenguatge parlat, no de l'escrit.

Mostra proves de la "no evoluciĂł" d'altres llengĂŒes, com, l'Ă rab, l'italiĂ , o el grec de Xipre, fet que el porta a dir que "la transformaciĂł del llatĂ­ clĂ ssic en 'baix llatĂ­' dins la 'pax romana' Ă©s molt poc probable". El tĂ­tol del primer capĂ­tol Ă©s colpidor: "El llatĂ­ Ă©s una llengua morta des del segle I aC" en ell cita l'epitafi de Naevius, mort cap a l'any 200 AC: "Obliti Sunt Romae Loquier Lingua Latina" (a Roma ha sigut oblidat el parlar la llengua llatina).

Ce livre a pour but de refonder toute l’étymologie des langues indo-europĂ©ennes. Il propose une mĂ©thode rationnelle aux antipodes de l’étymologie officielle dont l’auteur dĂ©nonce les fantaisies et le manque de rigueur scientifique.
La dĂ©couverte fondamentale exposĂ©e dans ce livre est que les mots sont tous composĂ©s de particules Ă©lĂ©mentaires que l’auteur dĂ©signe sous le nom d’orones, oĂč les orones sont en quelque sorte des Ă©lĂ©ments de base en nombre limitĂ© qui ont permis la construction de tous les lexiques des langues indo-europĂ©ennes, Ă  l’instar des atomes, eux aussi en nombre limitĂ©, qui permettent la fabrication d’un nombre illimitĂ© de molĂ©cules. Cette dĂ©couverte s’oppose radicalement au principe Ă©mis par Ferdinand de Saussure selon lequel l’invention des mots par chaque peuple relĂšverait de l’arbitraire.
La mĂ©thode oronale proposĂ©e par l’auteur peut s’étendre Ă  d’autres familles linguistiques et ouvre des perspectives nouvelles Ă  la recherche.

L’auteur ayant Ă©tĂ© frappĂ© par la maladie, laisse l’ouvrage Ă  complĂ©ter. Il compte sur une jeune gĂ©nĂ©ration de linguistes pour reprendre le flambeau

Yves Cortez passionné par l'étude des langues, est l'auteur du livre «  Le français ne vient pas du latin ».

Mai 2009.

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CRITIQUES AVEC LEUR RÈPONSES COPIÉES DU BLOG D'IVES CORTEZ
http://yvescortez.canalblog.com/archives/2007/10/03/6419061.html#c80584920
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12 mai 2009

Bonjour

Chers amis

Ce blog vous propose quelques extraits de mon livre «  Le français ne vient pas du latin ». Il prolonge la rĂ©flexion et l’approfondit sur certains points. Ceci est d’autant plus important que j’avais sous-estimĂ© l’opposition Ă  laquelle je me suis heurtĂ©, pensant un peu trop rapidement que toute personne douĂ©e de bon sens adhĂ©rerait Ă  cette nouvelle thĂ©orie, tellement il y a d’incohĂ©rences dans la thĂ©orie officielle

Bonne lecture

Estimados amigos

Este portal les propone algunos extractos de mi libro “ Le français ne vient pas du latin ”. Prolonga la reflexiĂłn y la profundiza en algunos puntos. Esto es de suma importancia considerando que habĂ­a subestimado la oposiciĂłn a la que me enfrentĂ©, pensando un poco rĂĄpidamente que cualquier persona dotada de sentido comĂșn aceptarĂ­a esta nueva teorĂ­a, ya que la teorĂ­a oficial presenta tantas incoherencias. EncontrarĂĄn extractos en español en el sitio “El castellano no viene del latĂ­n”.

Feliz lectura

My Dearest Friends

This blog introduces extracts of my book entitled “Le français ne vient pas du latin” (French doesn’t come from Latin). It detailed some key ideas of my thesis and takes a deep look into some aspects.

This is all the more essential as I had overall under-estimated the opposition I am facing in my fight. I simply thought that any sensible man would have grasped the proof of my theory, and been alert to the inconsistancy of the official theory that I highlighted.

Happy reading

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Résumé de la thÚse: Le français ne vient pas du latin

1/ A Rome coexistaient 2 peuples : l’aristocratie qui parlait latin et la plùbe, qui parlait roman.

2/ La langue romane parlée par la plÚbe :
- n’est pas dĂ©rivĂ©e du latin
- n’est pas un latin vulgaire
- n’est pas du bas-latin

3/ La langue romane est une langue indo-europĂ©enne au mĂȘme titre que le grec, le sanskrit...

4/ Les langues romane et latine se sont imprĂ©gnĂ©es l’une de l’autre pendant toute l’histoire de Rome, sur le plan du lexique mais en rien sur le plan de la syntaxe et de la grammaire.

5/ La langue romane s’est donc latinisĂ©e sur le plan lexical donnant l’illusion d’une origine latine.
Cette illusion a été sans cesse confortée par les recherches universitaires.

6/ Les Romains apportent donc dans la conquĂȘte de l’Empire deux langues : la langue romane comme langue parlĂ©e qui deviendra la langue mĂšre de toutes les langues romanes ; et le latin comme langue Ă©crite, langue de l’érudition, du droit, puis de la religion dominante.

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11 octobre 2008

Para los lingĂŒistas espanoles

Est-ce que l’anglais vient du français ?

Les linguistes espagnols ont critiquĂ© ma thĂšse sans mĂȘme avoir lu mon livre. Voici Ă  titre d’exemple le texte produit par l’un d’eux qui se veut une dĂ©monstration que l’espagnol vient du latin

(Los lingĂŒistas españoles han criticado mi tesis sin siquiera darse la pena de leer mi libro. A continuaciĂłn, a tĂ­tulo de ejemplo presento el texto producido por uno de ellos que pretende demostrar que el español viene del latĂ­n.)

 

No (non) conozco (cognosco) este (iste) nuevo (novus) libro (liber), pero sospecho (suspicor) que la tesis (thesis) no (non) tiene (tenet) mucho (multum) futuro (futurum). Sólo (solum) el enunciado (enuntiatio), salvo (salvo) error (error) u omisión (omissio) periodísticos (in periodicis), de que "El latín (lingua latina) era (erat) una (una) lengua (lingua) muerta (mortua) ya (iam) en (in) el tiempo (tempus) de Augusto (Augusti)... y (et) sólo (solum) era (erat) usada (usa) para la escritura (scriptura) y (et) la redacción (redactio) de documentos (documenta)..." -dice él (dicit ille)-, ya (iam) permite (permittit) ver (videre) que el Señor (senior) Cortez ignora (ignorat) o desprecia (depretiat) los miles (milia) de ejemplos (exempla), escritos (scripti) sobre (super) piedra (petra) o papiro (papyrus), que (qui) demuestran (demonstrant) un (unus) uso (usus) continuo (continuus) de una (una) escritura (scriptura) latina (latina) popular (popularis), espontånea (spontanea) y (et) cotidiana (quotidiana), empezando por las inscripciones (inscriptiones) funerarias (funerariae) mås (magis) humildes (humiles), de todos (toti) los cuales (quales) tenemos (tenemus) testimonios (testimonia) durante (durans) todo (totus) el Imperio (imperium) Romano (romanus), y (et) mås (magis).

 

Pour montrer que ce « raisonnement » manque de sĂ©rieux , j’ai Ă©crit ce petit texte en anglais truffĂ© de mots français. On pourrait en conclure aussi sottement que l’anglais vient du français

(Para mostrar que este « razonamiento» carece de seriedad, he escrito este pequeño texto en inglés lleno de palabras francesas. Se podría concluir de la misma manera tonta que el inglés viene del francés.)

 

I (je) suppose (suppose) you (vous) have (avez) no (non) idea (idĂše) regarding ( au regard) the main (maint) linguistical (linguistique) problems (problĂšmes) . I (je) regret (regrette) you(vous) are unable (inapt) to conceive (concevoir) an (une) other (autre) theory (thĂ©orie). Is (est) your (votre) intelligence (intelligence) limited (limitĂ©e) ? Drop (dĂ©rapez) the lessons (leçons) that you (vous) have (avez) studied (Ă©tudiĂ©) at (Ă ) the university (universitĂ©) , open (ouvre) your (vos) eyes (yeux), adopt (adoptez) a (une) new (neuf) mentality (mentalitĂ©) . It is (c’est) difficult (difficile) to change (changer) one’s point of view (son point de vue),but my (ma) theory (thĂšse)  gains (gagne) ground in(en) private(privĂ©) circles (cercles)

En vĂ©ritĂ© ceci illustre la vraie nature des langues romanes. De mĂȘme que l’anglais est une langue germanique qui a absorbĂ© de nombreux mots français, les langues romanes sont issues d’un « italien ancien » totalement distinct du latin , qui au contact du latin s’est enrichi de nombreux mots latins, donnant l’illusion aux analystes peu scrupuleux que les langues romanes viennent du latin.

(En verdad lo anterior ilustra la verdadera naturaleza de las lenguas romances. De la misma manera que el inglĂ©s es una lengua germĂĄnica que ha absorbido numerosas palabras francesas, las lenguas romances provienen de un “italiano antiguo” totalmente distinto del latĂ­n, que al contacto del latĂ­n se ha visto enriquecido con numerosas palabras latinas, dando la ilusiĂłn a los analistas poco escrupulosos que las lenguas romances vienen del latĂ­n.)

Chers amis espagnols, je sais que le choc est rude pour vous, mais lisez mon livre et vous découvrirez de nouveaux horizons

Amicalement

(Estimados amigos españoles, sé que el choque es rudo para ustedes, pero leen mi libro y descubrirån nuevos horizontes

Cordialmente)

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22 mai 2008

Latin vulgaire et latin classique

Deux thÚses sont en présence :

- La thĂšse officielle qui fait dĂ©river les langues romanes d’un latin vulgaire, thĂšse officielle dĂ©fendue et enseignĂ©e par toutes les universitĂ©s

- La thĂšse de Yves Cortez, qui dĂ©fend l’idĂ©e que, ce qui est appelĂ© « latin vulgaire » est en fait une langue trĂšs diffĂ©rente du latin, mais trĂšs proche de l’italien et  qui ne dĂ©rive pas du latin.

Monsieur J.K Domene, docteur en linguistique, s’indigne dans un commentaire paru dans ce blog, que l’on puisse soutenir un point de vue qui a fait l’objet de tant et tant de publications et qui fait l’unanimitĂ© de tout temps.

Pourtant la position officielle n’est pas aussi solide qu’il y paraüt.

Je pose Ă  Jose Fernando Domene , Ă  Michel Banniard, Ă  Henriette Walter et Ă  Alain Rey, entre autres reprĂ©sentants de l’orthodoxie, les questions trĂšs simples et trĂšs concrĂštes suivantes :

1 . Pourquoi en pleine apogĂ©e de l’empire romain, et Ă  une Ă©poque oĂč les Romains ont Ă©tabli des Ă©coles aux quatre coins de l’empire, la littĂ©rature latine dĂ©pĂ©rit et ne produit plus , que trĂšs exceptionnellement, de textes « vivants » (romans et piĂšces de thĂ©Ăątre ) ?

2 . Pourquoi les Romains ne parlent jamais de latin vulgaire, mais de langue vulgaire ? Les Romains mentionnent bien l’existence d’une langue populaire, mais pas d’un latin dĂ©formĂ©.

3 . Pourquoi , si l’italien et le français viennent de la mĂȘme langue mĂšre, le français ressemble plus Ă  l’italien qu’à sa langue mĂšre, le latin ? Alors que l’une et l’autre langue auraient dĂ» dĂ©river chacune de la langue mĂšre, l’une gardant des traits que l’autre n’aurait pas gardĂ©.

J’attends sur ce point une rĂ©ponse prĂ©cise. Ainsi pourquoi le genre neutre , les adjectifs verbaux , la forme passive, tous les verbes dĂ©ponents , etc etc
ont disparu Ă©galement dans les deux langues ? Comment, dans des contextes historiques totalement diffĂ©rents, l’italien et le français auraient-ils pu se transformer de la mĂȘme maniĂšre ?

4 . Pourquoi, en appliquant le principe trÚs simple de la reconstruction de la langue mÚre, on ne remonte pas au latin ? Des linguistes de grande renommée ont déjà depuis longtemps mis ce pont en évidence.

5 . Pourquoi la grammaire grecque en 25 siÚcles a si peu évolué malgré que la GrÚce ait été envahie pendant de nombreux siÚcles par des puissances étrangÚres.

6 . Pourquoi l’ancien français et l’espagnol ancien nous rapprochent de l’italien et non pas du latin ?

Je me contente de ces quelques questions, mais la liste de nos interrogations aurait pu s’allonger encore. Ce sont ces questions auxquelles la thĂ©orie officielle ne donne pas de rĂ©ponse.

Merci aux protagonistes de la théorie officielle de répondre point par point à ces 6 questions, simplement et concrÚtement.

Bordeaux le 22 mai 2008-05-22

Yves Cortez

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11 mai 2008

El castellano antiguo - L'espagnol ancien

L’ESPAGNOL ANCIEN

( El castellano antiguo)

L’espagnol ancien nous est connu par de nombreux textes , entre autres: « El mio Cid », « El poema de Fernan Gonzales », « Los siete infantes de Lara », « El clerigo ignorante » de Gonzalo de Berceo
Ces Ă©crits qui datent pour la plupart des alentours du XIII° siĂšcle sont trĂšs faciles Ă  lire. En effet, prĂšs de 95% du vocabulaire de cette Ă©poque est identique au vocabulaire de l’espagnol contemporain. A titre d’exemple nous donnons un extrait du poĂšme du Cid avec la traduction en espagnol contemporain:

Ya, Senor glorioso, Padre que en çielo estas

(oh, senor glorioso, Padre que en cielo estas)

Fezist cielo e tierra, el terçero el mar

(hiciste cielo y tierra, el tercero el mar)

Fezist estrellas e luna, el sol pora escalentar

(hiciste estrellas y luna, el sol para calentar)

Prisist encarnacion en Santa Maria Madre

(te encarnaste en Santa Maria Madre)

En Beleen apareçist, commo fue tu veluntad

(en Belen aparaciste como fue tu voluntad)

Voici maintenant un extrait du texte des « Los siete infantes de Lara »

Cuando esto oyo Gonçalo Gonzales pesole mucho de corazon e non lo pudo sofrir, e dexose ir para el a tan bravamiente, que mas no pudo, e diole una tan grant punada en el rostro, que los dientes e las quixadas le crebanto, de guisa que luego cayo muerto en tierra a los pies del caballo.

L’analyse des textes Ă©crits en espagnol ancien , dont nous avons donnĂ© un bref aperçu ci-dessus , appellent trois remarque d’importance :

1 . En l’espace de 700 ans l’espagnol a trĂšs peu Ă©voluĂ©. Ceci ne nous Ă©tonne pas, tant la faible transformation des langues dans le temps est une constante universelle, et ceci vaut tout particuliĂšrement pour les langues romanes. L’exemple espagnol est un exemple supplĂ©mentaire Ă  ceux dĂ©jĂ  exposĂ©s dans mon livre et qui rend trĂšs improbable la transformation radicale que le latin aurait subi sur les plans de la syntaxe, de la grammaire, et du vocabulaire pour devenir du castillan dans les 700 annĂ©es qui vont de la chute de l’empire romain Ă  l’apparition des premiers textes romans, alors que dans les 700 ans annĂ©es suivantes le castillan n’aurait connu pratiquement aucun changement. N’y a t’il pas eu autant de bouleversements, de mĂ©langes de population, et de guerres pendant ces deux pĂ©riodes ?

2 . L’ espagnol ancien n’apparaĂźt pas comme un stade de la langue intermĂ©diaire entre le latin et l’espagnol. En effet , on pourrait penser que si l’espagnol vient du latin, plus on remonte dans la temps et plus on devrait trouver de traces de latin. Or Ă  y regarder de trĂšs prĂšs, et sans a priori, les diffĂ©rences que nous observons nous rapproche de l’italien et non du latin dans l’immense majoritĂ© des cas. J’ai Ă©tudiĂ© avec beaucoup d’intĂ©rĂȘt ce qu’en disent les universitaires espagnols et je suis frappĂ© par leur acharnement Ă  inventer une origine latine Ă  tous les mots d’espagnol ancien, au besoin en invoquant de fort improbables glissements phonĂ©tiques et sĂ©mantiques.

Je vous donne ci-dessous la comparaison entre les vocabulaires de l’espagnol ancien, de l’italien et de l’espagnol contemporain.

Espagnol ancien ( italien / espagnol contemporain )

E ( e / y )

AprĂšs ( presso / cerca )

Asas ( assai / bastante )

Cama ( gamba / pierna

Suso ( su / arriba )

Yuso ( giu / abajo )

Brial ( braca / tunica )

Puorta (porta / puerta )

Començar (cominciare /empezar )

Otrosi ( altresi / tambien )

Oras ( ora / ahora )

Remanir ( rimanere / quedar )

Taido ( tagliato / tajado )

Semejar ( somigliare / parecer )

Aguardar ( guardare / mirar )

Vibda ( vevova / viuda )

Colpe ( colpo / golpo )

Cuer ( cuore / corazon )

Do ( dove / donde )

Estrena ( strenna /dadiva )

Falifa ( felpa / pellica )

Guarir ( guarire/ salvar )

Tirar ( tirare / sacar )

Guisa ( guisa / modo )

Luene ( lon.tano / lejos )

Maguer ( magari / aunque )

Mas ( mai / jamas )

Meter ( mettere / colocar )

Je vous laisse apprĂ©cier l’étonnante ressemblance Ă  l’italien des mots de l’espagnol ancien qui n’ont plus cours aujourd’hui. Je n’ai pas cherchĂ© Ă  faire une sĂ©lection particuliĂšre. Je me suis contentĂ© de puiser le vocabulaire dans les textes anciens classiques et je n’ai rencontrĂ© que trĂšs exceptionnellement des mots qui ressemblaient plus au latin qu’à l’italien.

Si vous ajoutez à ces ressemblances de vocabulaire celles de la grammaire et de la syntaxe, la ressemblance à l’italien paraüt encore plus saisissante !

Conclusion : L’espagnol, comme toutes les langues romanes, ne vient pas du latin par l’effet d’un bouleversement total de cette langue dans un laps de temps trùs court, mais de l’italien. Le vocabulaire latin que l’on trouve en abondance en espagnol, comme dans toutes les autres langues latines, provient d’emprunts à la langue savante .

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22 avril 2008

Deux peuples, donc, deux langues

A ROME COEXISTAIENT DEUX PEUPLES ET DONC DEUX LANGUES

La reconstruction de la langue parlĂ©e par les Romains, faite Ă  partir des langues romanes, m’a amenĂ© Ă  considĂ©rer que ce que nous appelons le « latin vulgaire » n’est autre que de l’italien. J’ai appelĂ© cet italien : « italien ancien », mais il est probable que les Romains dĂ©signaient leur langue du terme de « roman ».

Pour autant je ne considĂšre pas que la langue latine ait Ă©tĂ© une langue artificielle. Le latin et le roman ont coexistĂ© pendant des siĂšcles, avant que le latin ne devienne la langue de l’érudition et prenne un statut de langue Ă©crite, alors que le roman s’imposait comme langue parlĂ©e. Les Romains sont devenus bilingues et ont apportĂ© leurs deux langues dans tout l’empire : une langue Ă©crite, le latin et une langue parlĂ©e le roman.

Les deux langues correspondaient Ă  deux peuples qui ont longtemps coexistĂ© avant de fusionner en un seul peuple, et nous allons essayer de retrouver dans l’histoire de Rome la trace de ces deux peuples distincts.

Nous possĂ©dons essentiellement deux sources sur la histoire ancienne de Rome : les Ă©crits de Tite- Live et ceux de Denys d’Halicarnasse. Ces deux historiens ont vĂ©cu pratiquement Ă  la mĂȘme Ă©poque. Le premier est nĂ© en 59 av JC, le second en 54 av JC ; le premier est mort en 17 ap JC, le second en 8 ap JC.

L’un et l’autre nous parlent d’une Ă©poque lointaine sur laquelle ils possĂšdent trĂšs peu d’archives et se basent surtout sur la tradition orale. Tite-Live a la sagesse de prĂ©venir le lecteur dans sa prĂ©face :« Quant aux rĂ©cits relatifs Ă  la fondation de Rome ou antĂ©rieurs Ă  sa fondation, je ne cherche ni Ă  les donner pour vrais ni Ă  les dĂ©mentir : leur agrĂ©ment doit plus Ă  l’imagination des poĂštes qu’au sĂ©rieux de l’information ». Denys d’Halicarnasse a moins de scrupule et nous propose une version de l’histoire de Rome avant la fondation de la ville. Nous ne devons pas prendre pour argent comptant sa version de faits qui se sont dĂ©roulĂ©s quelque 1000 ans avant la naissance de l’historien!

Nous pourrions dĂ©crĂ©ter, en nous basant sur l’analogie des termes, que le latin Ă©tait la langue du peuple latin et que le roman Ă©tait la langue du peuple de Rome. Mais les choses ne sont pas si simples. Tite-Live nous dĂ©crit la rivalitĂ© qui a opposĂ© ces deux peuples pendant prĂšs de 160 ans, depuis la bataille du Lac de Regille en 499 av JC, suivi d’un premier traitĂ© d’alliance en 493 av JC, jusqu’à la soumission dĂ©finitive des Latins en l’an 339. Un an avant cette soumission, Annius, le reprĂ©sentant des Latins, s’exprimant devant le sĂ©nat romain, fait une proposition de fusion des deux peuples, basĂ©e sur une reconnaissance mutuelle : « Il faut que l’un des deux consuls soit pris Ă  Rome, l’autre dans le Latium, que nous formions un seul peuple, un seul Etat, ( 
), et recevions tous le nom de Romain . » Cette proposition sera rejetĂ©e par le sĂ©nat romain qui se fait  dĂ©jĂ  Ă  cette Ă©poque une haute idĂ©e de Rome.

Tite-Live prĂ©cise que lors du dernier conflit entre les Romains et les Latins « ce qui avivait l’inquiĂ©tude des Romains c’était que l’on avait Ă  lutter contre les Latins dont la langue, les mƓurs, le mode d’armement(
) correspondaient Ă  ceux des Romains. » Etonnants peuples, Ă  la fois si proches gĂ©ographiquement et culturellement, mais rivaux sans merci. Ces deux peuples Ă©taient-ils si proches que Tite-Live le dit ?

Pour autant, je ne pense pas que ce soit dans la soumission du peuple latin aux Romains qu’il faille chercher la progressive disparition du latin comme langue parlĂ©e. Car si le peuple latin est dĂ©finitivement soumis Ă  Rome Ă  partir de l’an 339, la langue latine continue Ă  ĂȘtre Ă©crite et enseignĂ©e. Elle va rester la langue de l’élite aristocratique et des lettrĂ©s, pendant de nombreux siĂšcles, tandis que la plĂšbe optera pour la langue italienne.

C’est Ă  l’origine de la formation de Rome qu’il faut chercher l’explication de la coexistence de deux langues.  D’oĂč vient qu’il y a Ă  Rome des patriciens et des plĂ©bĂ©iens, deux classes sociales apparemment Ă©tanches et aux pouvoirs si disproportionnĂ©s ? Il est vraisemblable que cela renvoie Ă  la crĂ©ation de Rome, ou Ă  sa conquĂȘte par un peuple qui va imposer sa domination pendant des siĂšcles, de mĂȘme que l’aristocratie en France sera franque aprĂšs la victoire de Clovis ou que l’aristocratie en Angleterre sera normande aprĂšs la victoire de Guillaume le ConquĂ©rant ou mongole en Chine Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes de l’histoire chinoise.

Mais Ă  Rome, comme ailleurs le peuple soumis finira par revendiquer une part du pouvoir et par obtenir  un rĂ©Ă©quilibrage des pouvoirs. Ecoutons le discours du consul Quinctius Capitolinus aprĂšs l’élimination des decemvirs en 445 : « La suppression de nos privilĂšges, nous l’avons souffert( 
), quel terme aura notre discorde ( sous-entendu entre patriciens et plĂ©bĂ©iens) ? Quand pourrons-nous former une seule ville ? Quand pourra-t-elle ĂȘtre notre patrie commune ? » Ce discours nous dĂ©voile que, si les patriciens appellent de leurs vƓux la fusion en une seule ville et en une seule patrie de deux fractions de la population romaine, Rome est encore en ce temps lĂ  composĂ© de deux peuples. Les patriciens et les plĂ©bĂ©iens sont donc deux peuples historiquement distincts.

L’analyse linguistique, basĂ©e sur la reconstruction de la langue-mĂšre des langues romanes, nous a permis  de mettre Ă  jour l’existence d’une langue parlĂ©e, qui n’est pas un latin dĂ©formĂ©, mais de l’italien. Nous sommes donc en prĂ©sence de deux langues, le latin et l’italien,  et de deux peuples, les patriciens et les plĂ©bĂ©iens. Je propose, en toute logique, de considĂ©rer que la langue des patriciens Ă©tait le latin et celle de le plĂšbe, l’italien.

 

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17 avril 2008

Cartularios de Valpuesta

Cartularios de Valpuesta

Les Espagnols s’intĂ©ressent tout particuliĂšrement aux Cartularios de Valpuesta , car ils considĂšrent ces documents Ă©crits du IX° au XIII° siĂšcle, comme des tĂ©moins de la transformation du latin en castillan. Tout me laisse Ă  penser, et nous allons tenter de faire une analyse de ces textes, qu’il s’agit en fait de documents Ă©crits dans un mauvais latin , ou plutĂŽt d’une latinisation de textes conçus en langue romane, trĂšs prĂ©cisĂ©ment en castillan et en aragonais.

Rappelons tout d’abord que les Français pensent aussi que le Serment de Strasbourg est un document qui illustre le passage du latin au français. J’ai dĂ©montrĂ© dans mon livre « Le français ne vient pas du latin » que ce texte Ă©tait en fait la preuve qu’en cette annĂ©e 842 existait dĂ©jĂ  une langue proche du français, qui conservait beaucoup de traits de son origine italienne et non latine.

Les Italiens ont cru trouver de mĂȘme dans « L’Indovenillo veronese » (la devinette de VĂ©rone) un texte illustrant le passage du latin Ă  l’italien. J’ai apportĂ© dans ce blog des Ă©lĂ©ments montrant qu’il s’agissait en toute vraisemblance d’un document Ă©crit par quelqu’un qui avait une connaissance imparfaite du latin, et non d’un texte intermĂ©diaire entre le latin et l’italien.

Un lecteur avisĂ© de mes Ă©crits faisait dans ce blog le commentaire suivant : « 0n pourrait dire de mĂȘme des 'Cartularios de Valpuesta', censĂ©s ĂȘtre le plus ancien document roman, et qui semble plutĂŽt du latin de cuisine accommodĂ© de quelques mots castillans, soit que l'auteur maĂźtrisait trĂšs mal le latin, soit qu'il a tentĂ© de faire une sorte d'interlingua Ă  peu prĂšs accessible au vulgaire. »

Revenons donc aux Cartularios de Valpuesta, aprĂšs avoir constatĂ© que les Espagnols ne sont pas les seuls Ă  rechercher dĂ©sepĂ©rĂ©ment les preuves d’une improbable transition entre le latin et leurs langues.

Un des meilleurs connaisseurs de ces textes, Emiliano Ramos Remedios, dans son analyse magistrale « Analisis lingĂŒistico » appelle notre attention sur un point important : « Une sĂ©rie de documents datĂ©s de 1132, principalement le document n° 162 de cette mĂȘme annĂ©e, reprĂ©sente dĂ©jĂ  des documents quasi « romans » (Il en est de mĂȘme des documents n°176 de l’annĂ©e 1184 et  n°177 de l’annĂ©e 1190).»

Quant Ă  celui de l’annĂ©e 1200 le n°178 je vous laisse apprĂ©cier, si vous mettez de cĂŽtĂ© la formule introductive, son caractĂšre proprement castillan : »  In Dei Nomine. Esto sea sabudo a los que son et a los que seran , que Fortun Sangez De Butrana dio una tierra al molin de rriba por anniversario a los chanonigos de Valpuesta ».

L’ analyse dĂ©taillĂ©e des textes, parmi les Cartularios de Valpuesta Ă©crits en castillan, nous apprend tois choses :

- D’une part, que la langue castillane existait dĂ©jĂ  vers l’annĂ©e 1100

- Que cette langue ressemble trĂšs fortement au castillan contemporain, et qu’elle en a toutes les caractĂ©ristiques principales sur les plans de la syntaxe, de la grammaire et du vocabulaire.

- Et curieusement, alors qu’en l’an 1132 on parle manifestement dĂ©jĂ  le castillan, les Cartularios de Valpuesta utilisent alternativement soit une langue proche du castillan, soit une langue latinisĂ©e, jusqu’en 1200.

 

En conclusion :

1 . Nous dĂ©couvrons que le castillan existait dĂ©jĂ  dans une forme trĂšs proche de l’actuel castillan, confirmant par lĂ  une rĂšgle constante : les langues Ă©voluent lentement. Ce qui rend improbable une transformation radicale du latin sur les plans de la syntaxe, de la grammaire et du vocabulaire en l’espace de quelques siĂšcles, alors que les langues romanes malgrĂ© les bouleversements considĂ©rables que les pays romans ont connu en 10 siĂšcles n’auraient pratiquement pas Ă©voluĂ©es.

2 . A bien y regarder, les textes en castillan ancien, Ă©crits il y a plus de 800 ans ne nous dĂ©voilent pas de traits latins rĂ©siduels. En menant une analyse systĂ©matique comme je l’ai fait pour l’ancien français, on dĂ©couvrirait une convergence avec l’italien et non avec le latin.

3 . Si , comme le montre le texte datĂ© de 1132, le castillan existait Ă  cette Ă©poque, les textes « latinisants » Ă©crits quelques dĂ©cades avant et aprĂšs cette date ont un caractĂšre nettement artificiel. Ce mauvais latin rĂ©sulterait non pas d’une transformation progressive du latin en castillan, puisqu’il est contemporain du castillan, mais d’une connaissance imparfaite du latin, et donc serait la manifestation d’un jargon « latinisant » qui satisfaisait tous les lecteurs de cette Ă©poque .

 

Bordeaux le 16 avril 2008

Yves Cortez

Posté par cortezyves à 16:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 février 2008

Indovenillo Veronese ( La devinette de VĂ©rone )

L’indovinello Veronese

La devinette de VĂ©rone

 

La devinette de VĂ©rone ( l’indovenillo veronese) est considĂ©rĂ©e comme le texte roman ( volgare en italien) le plus ancien, elle aurait Ă©tĂ© Ă©crite vers l’an 800, c’est-Ă -dire quelque cinquante ans avant les serments de Strasbourg.

La question qui intĂ©resse les linguistes est de savoir en quelle langue est Ă©crit le texte. Est-ce dĂ©jĂ  de l’italien, est-ce un stade intermĂ©diaire entre le latin et l’italien, et si oui, quelles seraient les transformations que l’on peut observer.

Voici le texte :

 

Se pareba boves

Alba pratalia araba

(et)Albo versorio teneba

(et)Negro semen seminaba

 

PremiĂšre remarque

 

Le texte original est particuliĂšrement illisible, et peut donner lieu Ă  plusieurs transcriptions. J’en veux pour preuve que certains mentionnent un mot supplĂ©mentaire (et), et que d’autres ne le mentionnent pas .

 

DeuxiĂšme remarque

 

De mĂȘme que pour la transcription des serments de Strasbourg, il y a un parti pris « latinisant » de la part des analystes contemporains . Ainsi, ceux qui ont rajoutĂ© le mot « et », le transcrivent « et » et non pas « e », alors que le texte, pour autant que l’on puisse le lire correctement, ne permet pas de d’affirmer la prĂ©sence de la lettre « t ».

 

TroisiĂšme remarque

 

Est-ce qu’un texte aussi court peut rendre compte de la façon dont on parlait Ă  l’époque ? Il faudrait de nombreux textes pour pouvoir analyser la langue de l’époque. Il faut donc se garder de gĂ©nĂ©ralisations sur la langue de l’époque, Ă  partir de ce seul texte.

 

QuatriĂšme remarque

 

Les Ă©crivains et les scribes de cette Ă©poque Ă©taient parfaitement bilingues, et surtout n’écrivaient qu’en latin. On peut donc concevoir qu’ils avaient une tendance naturelle Ă  latiniser leurs Ă©crits.

C’est en ayant prĂ©sent Ă  l’esprit toutes ces remarques que l’on peut commencer Ă  aborder l’analyse du texte de la devinette.

1 . Se pareba boves

 

On trouve deux traductions pour cette premiĂšre partie du texte

Soit : Il poussait devant lui ses bƓufs

Soit : il ressemblait à des bƓufs.

 

2 . Alba pratalia araba

 

LĂ  encore on trouve deux traductions.

Soit : il labourait le champ blanc

Soit : il labourait les champs blancs

 

Je ne vois, pour ma part, aucune raison de traduire « alba pratalia » par un pluriel ! Ni le latin, ni l’italien ne formeraient les pluriels de la sorte.

 

3. Albo versorio teneba

Negro semen seminaba

 

LĂ  les traducteurs s’accordent pour comprendre la mĂȘme chose ( Ă  l’exception d’Henriette Walter qui traduit tous les verbes par des pluriels)

 

Il tenait une charrue blanche

Il semait une semence noire

 

En conclusion ce texte est-il un stade intermĂ©diaire entre le latin et l’italien ?

1 . Le vocabulaire de ce texte est latin , à la seule exception du mot « versorio »

Ainsi pour le mot « boves » on trouve le français « bƓuf », l’italien « bue » , le roumain « bou » et l’espagnol « buey » . Tous ces mots devraient venir d’un mot unique « bu-» ( en fait, dans la logique de ma thĂ©orie, les mots des langues romanes actuelles viendraient de l’italien ancien « bue » ) Il est improbable que le mot « boves » , s’il est roman, n’ait pas encore perdu son « v » pour donner les autres formes romanes que nous connaissons oĂč ne figure jamais la lettre « v ». Il est donc latin.

2 . Sur le plan grammatical, on remarque que si l’auteur a voulu Ă©crire en latin, il ignore les dĂ©clinaisons et omet le « t » Ă  la troisiĂšme personne du singulier

 

Ma proposition

Je considĂšre que le texte de l’Indovinello Veronese a Ă©tĂ© Ă©crit par une personne qui a essayĂ© d’écrire en latin, et qui a rĂ©ussi sur le plan du vocabulaire pour l’essentiel, mais qui, par contre, a fait de grosses fautes de grammaire.

Son vocabulaire n’est en aucune façon roman.

En d’autres termes le texte de l’Indovenillo Veronese ne peut pas ĂȘtre considĂ©rĂ© comme l’acte de naissance de la langue romane.

 

Tel est mon point de vue, merci de me faire connaĂźtre le vĂŽtre.

 

Posté par cortezyves à 15:59 - Commentaires [2] - Permalien [#]

13 janvier 2008

Le systÚme casuel de l'ançien français

:

Le systĂšme casuel de l’ancien français est toujours prĂ©sentĂ© comme une preuve de la transformation progressive du latin en français.

Sylvie Bazin-Tacchella , professeur Ă  l’universitĂ© de Nancy, reprenant la thĂšse officielle dans son livre « Initiation Ă  l’ancien français »( Ed Hachette 2001) expose :

« Les substantifs se dĂ©clinent en ancien français(
)Cette flexion est un hĂ©ritage du systĂšme latin, trĂšs simplifiĂ©. Alors que le latin comportait six cas la langue mĂ©diĂ©vale n’en comporte plus que deux. »

SimplifiĂ©, en effet, il l’est le systĂšme casuel de l’ancien français, qui selon la norme officielle serait le suivant :
Au cas rĂ©gime, c’est Ă  dire Ă  tous les cas autres que le nominatif il n’y a pas de diffĂ©rence avec le français contemporain, au cas sujet seul le nominatif masculin se distingue en mettant un « s » au singulier, et aucune dĂ©sinence au pluriel.

Mon commentaire :

1 . Il faut beaucoup de bonne volontĂ© pour voir un rĂ©sidu de dĂ©clinaison latine dans ce petit « s » qui apparaĂźt de temps en temps dans les textes d’ancien français. Nous parlons lĂ  de textes des annĂ©es 1200 c’est-Ă -dire Ă©crits seulement 8 siĂšcles aprĂšs l’effondrement de l’empire romain. Quand on pense que le grec a gardĂ© tous les cas sauf un , et le plus souvent Ă  la lettre prĂšs, en 25 siĂšcles ! Le latin ne nous aurait lĂ©guĂ© qu’un petit « s » comme tout hĂ©ritage de son abondante dĂ©clinaison ! Ils se contentent de bien peu de choses les tenants de la thĂšse officielle d’une origine latine des langues romanes.

2 . Ce qu’ils appellent pompeusement systĂšme casuel, se rĂ©sume en fait Ă  ceci : Les « dĂ©clinaisons » de l’ancien français sont strictement identiques Ă  celles du français contemporain Ă  une diffĂ©rence prĂšs : le nominatif masculin, et seulement si les prĂ©dicats se terminent par une consonne. Mais pour se raccrocher au latin on prĂ©sente ce lĂ©ger marquage du nominatif masculin sous la forme d’un systĂšme casuel.

3 . Pour comprendre le « dessous » des choses nous allons analyser la déclinaison des articles définis en ancien français :

Cas sujet Masculin FĂ©minin

Singulier li la

Pluriel li les

Cas régime Masculin Féminin

Singulier le la

Pluriel les les

Je rappelle ( voir mon livre page 61) que les langues romanes se sĂ©parent en deux groupes pour ce qui est du pluriel des substantifs. Le groupe des langues parlĂ©es en France, en Espagne et au Portugal, et le groupe des langues parlĂ©es en Italie et en Roumanie. Les premiĂšres font leur pluriel en « s » , les secondes font leur pluriel en « i ». Ce qui m’amenait Ă  conclure que les langues romanes sont issues de la mĂȘme origine , mais qu’à la marge on pouvait considĂ©rer qu’il y avait deux variantes dialectales de l’italien ancien.

On constate que les articles dĂ©finis de l’ancien français sont identiques Ă  ceux du français contemporain, Ă  la seule exception du nominatif masculin.

Il semblerait que le français ancien témoigne des deux formes dialectales. Pour le nominatif masculin, le français ancien aurait adopté la forme « italo-roumaine » et dans tous les autres cas, la seconde forme. Nous avons bien sous les yeux les deux formes romanes connues.

3 . Autocritique : Ma proposition fonctionne pour les articles dĂ©finis mais ne nous explique pas la prĂ©sence d’un « s » au singulier du cas sujet et son absence au pluriel . Est-ce un artifice orthographique des lettrĂ©s ? En toute hypothĂšse voir dans ce malheureux petit « s » comme le fait madame Sylvie Bazin-Tacchella et ses collĂšgues spĂ©cialistes de l’ancien français un hĂ©ritage «  de la deuxiĂšme dĂ©clinaison latine » c’est croire Ă  l’Ɠuvre du saint-esprit. Je demande aux universitaires de rester dans le strict cadre laĂŻc ! Et surtout de ne pas inventer de traces de latin aussi tirĂ©es par les cheveux.

4 . A se focaliser sur ce petit « s » madame Sylvie Bazin-Tacchella ne voit mĂȘme pas que la matiĂšre sur laquelle elle travaille, l’ancien français, est essentiellement du français contemporain . VoilĂ  bien une preuve vivante de la stabilitĂ© des langues. Cet ancien français en 8 siĂšcles ( encore !) nous a transmis sa syntaxe, sa grammaire et 90 % de son vocabulaire, malgrĂ© les bouleversements incommensurables que la France a connu pendant ces 8 siĂšcles. Sur le plan grammatical, l’ancien français, lui, nous a transmis beaucoup plus que ce petit « s » rĂ©siduel que nous aurait transmis le latin!

Quel manque de discernement, quel enfermement dans le dogme de la part de certains professeurs de l’universitĂ©. Car si madame Bazin-Tacchella et ses confrĂšres voient dans ce « s » du latin , c’est parce qu’ils raisonnent Ă  l’envers et qu’ils partent du postulat que le français vient du latin. Non , madame. Dites que vous faites l’hypothĂšse que ce « s » serait un rĂ©sidu du latin, mais ne prĂ©sentez pas ce « s » comme une preuve d’une origine latine du français. De grĂące de la rigueur. Vous ne dĂ©montrez rien, vous dissertez.

En conclusion : Ce qui est présenté comme un systÚme casuel, se résume à la différenciation des masculins au nominatif. Et plus encore, la désinence particuliÚre propre à ce cas est limitée pour les substantifs et les adjectifs aux seuls mots qui se terminent par une consonne. Des spécialistes ont cru voir dans cette désinence particuliÚre un résidu du systÚme casuel du latin. Je vous laisse juge.

Yves Cortez

Bordeaux le 8.01.2008  .

Posté par cortezyves à 20:28 - Commentaires [9] - Permalien [#]
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CRITIQUES AVEC LEUR RÈPONSES COPIÉES DU BLOG D'IVES CORTEZ
http://yvescortez.canalblog.com/archives/2009/05/12/13720451.html#c75689044
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Commentaires sur Résumé de la thÚse: Le français ne vient pas du latin

  • je ne suis pas dÂŽaccord
    Buenas noches:
    entiendo su punto de vista, pues usted considera que el verdadero latĂ­n es el llamado latĂ­n culto, el usado por Virgilio, Catulo... mientras la gran masa de poblaciĂłn del Imperio Romano no hablaba realmente latĂ­n, sino una mezcla rara de lenguas del MediterrĂĄneo, que es la base de la mayorĂ­a de palabras del francĂ©s, español, portuguĂ©s, italiano... Pero segĂșn ese razonamiento, el francĂ©s culto, el hablado por los abogados, mĂ©dicos, ingenieros, poetas... es el verdadero francĂ©s, y la gran masa de franceses habla una mezcla de lenguas... Lo mismo se puede extrapolar al portuguĂ©s, español, italiano...
    ÂżHe entendido bien su idea?
    Desde luego, lo que parece claro es que a ustede le gusta crear polémica, lo cual es rentable si te publican el libro...
    Saludos desde España.
    Lingua galla credo neolatinam linguam est, sed tu non credis id.
    Posté par lingualatinaa, mardi 14 juin 2011 | Recommander | Répondre
  • je ne suis pas dÂŽaccord
    Buenas noches:
    entiendo su punto de vista, pues usted considera que el verdadero latĂ­n es el llamado latĂ­n culto, el usado por Virgilio, Catulo... mientras la gran masa de poblaciĂłn del Imperio Romano no hablaba realmente latĂ­n, sino una mezcla rara de lenguas del MediterrĂĄneo, que es la base de la mayorĂ­a de palabras del francĂ©s, español, portuguĂ©s, italiano... Pero segĂșn ese razonamiento, el francĂ©s culto, el hablado por los abogados, mĂ©dicos, ingenieros, poetas... es el verdadero francĂ©s, y la gran masa de franceses habla una mezcla de lenguas... Lo mismo se puede extrapolar al portuguĂ©s, español, italiano...
    ÂżHe entendido bien su idea?
    Desde luego, lo que parece claro es que a ustede le gusta crear polémica, lo cual es rentable si te publican el libro...
    Saludos desde España.
    Lingua galla credo neolatinam linguam est, sed tu non credis id.
    Posté par lingualatinaa, mardi 14 juin 2011 | Recommander | Répondre
    • El lĂ©xico esuna cosa, la sintaxis otra. Ocho siglos de presencia Ă rabe en la peninsula han dejado miles de palabrasen el castellano pero nada en lamanera de combinarlas. Tu frase laina es una excelente demonstracion.
      Posté par Diego de Campos, mardi 19 mars 2011 | Recommander | Répondre
    • El lĂ©xico esuna cosa, la sintaxis otra. Ocho siglos de presencia Ă rabe en la peninsula han dejado miles de palabrasen el castellano pero nada en lamanera de combinarlas. Tu frase laina es una excelente demonstracion.
      Posté par DiegodeCampos, mardi 19 mars 2011 | Recommander | Répondre
  • Le bas latin venait du latin classique mĂȘme s'il y a eu des substrats gaulois.

    par exemple "le plus grand" se dit "major" en latin classique et "magis grande" ou peut-ĂȘtre "mais grande" (du gaulois "mais"), ce qui a donnĂ© "mai grand" en auvergnat et plus grand en français Ă  partir d'un bas latin "plus grande"

    De mĂȘme le gaulois "caballos" = cheval de travail, de trait, percheron, quoi, a supplantĂ© le latin "equos" mais notre vocabulaire est trĂšs trĂšs majoritairement latin.

    Le bas latin est une évolution du latin classique pas plus spectaculaire que l'évolution entre le français du XIIÚme siÚcle et celui de maintenant.

    On dit le soir [lë swar] et plus li soirs [li soyrs] au nominatif.
    Posté par Guiral Mars, mardi 05 juin 2010 | Recommander | Répondre
  • J'apprĂ©cie beaucoup votre thĂšse. Excellent travail qui mĂ©rite d'ĂȘtre rĂ©compensĂ©. J'ai une question qui m'interpelle. La langue des gaulois ressemblait Ă  quoi ? Imposer l'ancien italien ou roman Ă  un peuple autochtone majoritaire en quelques siĂšcles me semble utopique. Les gaulois parlaient dĂ©jĂ  une langue d'origine indo europĂ©enne cousine similiaire au roman des italiens. En d'autres termes, les gaulois s'exprimaient dans un ancien français. Ils ont enrichi leur vocabulaire grĂące Ă  la langue parlĂ©e des romains. Si la romanisation s'est faite absolument, l'espagnol et le français se comprendrait aujourd'hui. La langue mĂšre d'un peuple ne disparaĂźt que si on impose par la force la langue du conquĂ©rant . Les romains misaient avant tout sur la paix pour stabiliser leur empire et laisser les gens librement parler leur langue vernaculaire.
    Posté par Noureddine, dimanche 24 février 2011 | Recommander | Répondre
  • Si les romains parlaient un ancien italien pourquoi les gaulois faisaient exceptions? Je suppose qu'ils parlaient un ancien français. De plus la France et l'Italie sont limitrophes. Leur langues devait avoir beaucoup de similitudes.
    Posté par Noureddine, dimanche 24 février 2011 | Recommander | Répondre
  • Les gaulois celtes vivaient au nord de l'Italie quand Hannibal a rĂ©ussi Ă  traverser les Alpes. Leur langue n'Ă©tait pas aussi differente que l'ancien italien je suppose. Hannibal pour les convaincre Ă  se rallier avec lui a du leur parler en italien ancien car il maĂźtrisait dĂ©jĂ  le latin. En ce qui concerne, le punique, c'est le pendant du latin en Afrique du Nord. Il ressemblait un peu Ă  de l'arabe quand il Ă©tait parlĂ©. Toute les populations des cĂŽtes nord ont continuĂ© Ă  le parler malgrĂ© la romanisation. L'arabisation Ă  Ă©tĂ© facilitĂ© aprĂšs les conquĂȘtes arabes grĂące au punique car ces deux langues sont cousines. Donc le dialecte maghrebin arabe n'est pas d'origine Arabe(litteral) mais c'est du punique enrichi en arabe. C'est ce qui se passait avec le français. Il n'est pas originaire du latin mais a Ă©tĂ© enrichi par le roman des romains.
    Posté par Noureddine, mardi 26 mars 2011 | Recommander | Répondre




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